Clef 1 : A quoi sert le sentiment de culpabilité ?

Laetitia me répond “il me pourrit la vie !” Ce cri du coeur de cette patiente illustre la souffrance que génère le sentiment de culpabilité.

Le sentiment de culpabilité est ressenti par la majorité des êtres humains. Il se caractérise par la perception désagréable d’avoir commis une faute réelle ou imaginaire. En effet, dans certaines circonstances, on pense avoir mal agi, mal fait.

Par exemple, on oublie la date anniversaire d’une amie, on invente un prétexte pour ne pas assister à un repas de famille.

Donc, ce sentiment intervient quand on s’en veut, on se reproche une action concrète. Combien de femmes ont culpabilisé de passer plus de temps au travail qu’avec leur enfant et à l’inverse celles qui se culpabilisent de manquer de patience à la maison ?

Ce sentiment nous est donc utile pour prendre conscience des conséquences de nos actes chez les autres ou pour soi.

Nous avons fait un choix que nous n’assumons pas complètement car notre critique intérieur nous juge, comme un parent le ferait. On s’interdit d’assumer nos actes qui selon notre propre perception sont indignes ou inadéquats. Comme par exemple, je n’ai pas assez travaillé, j’ai trop mangé, je n’aurais pas du…

Il y a donc une lutte à l’intérieur de soi, je choisis de me positionner et je le regrette ou je cède par culpabilité et je me sens mal. Dans les deux cas, il y a un inconfort.

Clef 2 : Pourquoi vouloir supprimer ce sentiment de culpabilité ?

La culpabilité est le cheval de bataille du développement personnel. L’objectif serait alors de ne plus se sentir coupable ?

Ainsi il serait possible de nous délester du poids de la culpabilité comme on dépose un sac à dos rempli de cailloux et marcher légère en glissant sur l’eau de la confiance en soi.

Aucune thérapie ne peut faire disparaître les sentiments et je dirais heureusement. Ils ont un sens si on prend le temps de les regarder en face. C’est difficile car à la culpabilité s’ajoute souvent la honte.

Par ailleurs, on peut en vouloir à la personne qui nous a culpabilisé dans l’enfance ou à l’adolescence. Un parent peut-être vous a dit “c’est de ta faute si…” signant ainsi votre jugement, votre “crime” comme devant un tribunal. 

Désigné coupable, vous allez porter cette faute à l’âge adulte en associant toute situation présente à ce verdict. Dans vos relations, votre sentiment de culpabilité va renaître pour vous rappeler que vous agissez mal, que les autres souffrent à cause de vous, que vous êtes une mauvaise personne.

Né alors un sentiment d’infériorité et de dénigrement de soi. Qui dit faute, dit autopunition.

C’est une grande souffrance qui peut aussi se traduire par la culpabilisation de l’autre pour reporter ce poids sur autrui.

Une mère va alors adresser directement les reproches qu’elle se fait à l’un de ses enfants ou son conjoint. Comme un employeur va systématiquement culpabiliser, dénigrer, son employé.

Car il ne faut pas oublier que ce rôle de « bourreau » enferme la personne dans un personnage antipathique et engendre de la haine, renforçant ainsi son sentiment de rejet. C’est le cercle vicieux, culpabilité, désir de toute puissance, culpabilité.

Clef 3 : Comment passer de la culpabilité à la responsabilité ?

Quand on se sent coupable, quand on se juge durement ou qu’on se sent jugé par l’autre, quelque chose s’est figé. Comme si la culpabilité était notre structure de personnalité, comme le prisonnier qui attend d’être exécuté.

Posons-nous la question, de quoi suis-je responsable ?

Marjorie se sent responsable du bonheur de sa mère depuis le départ de son père quand elle avait 8 ans. Pour elle tout est de sa faute, les disputes, l’alcool, la violence, ses parents étaient heureux sur les photos avant sa naissance. Elle est convaincue qu’ils seraient toujours amoureux si elle n’avait pas vu le jour. D’ailleurs, une fois, sa mère lui a dit “si je ne t’avais pas eue, j’aurais poursuivi mon rêve de devenir journaliste, c’est la vie…”.

La plupart des enfants sentent la déception sur le visage de leurs parents, même si elle n’est pas formulée. Or, le fait d’avoir eu une fille à la place d’un garçon, peut donner à l’enfant la vague impression de décevoir.

Les résultats scolaires, l’apparence physique, le caractère, la ressemblance avec un membre de la famille alimentent le sentiment de ne pas être à la hauteur des attentes.

Se culpabiliser d’avoir mal agi est sain quand on respecte des valeurs d’humanité, de respect. Mais se culpabiliser et se sentir responsable des autres en permanence est un fantasme infantile à dépasser.

Devenir adulte c’est prendre conscience de notre responsabilité, de ce qui nous incombe et de ce qui appartient à l’autre.

Le plus beau cadeau que l’on puisse faire à l’autre est de lui rendre sa part de responsabilité, sa liberté, c’est lui faire confiance. C’est pouvoir dire “je te demande pardon” quand c’est nécessaire, c’est réaliser qu’une relation se construit à deux ou ne se construit pas.

Alors je vous invite à vous pardonner. Vous en voulez encore à votre enfant intérieur, de ne pas avoir eu le courage de dire non à une situation, à une personne, acquittez-le ! Si vous avez l’impression d’avoir fait un choix qui a eu de graves conséquences sur votre famille ou sur vous-même, acceptez de le reconnaître pour choisir une autre voie maintenant.

Prendre notre responsabilité nous libère, nous pousse à agir, à se positionner vraiment.

Si vous éprouvez le besoin d’être soutenu pour revisiter votre culpabilité, voici le lien pour me contacter.

Dites moi en commentaire ce que la culpabilité représente pour vous, cela peut intéresser ceux qui liront cet article.

Stéphanie Laures

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