Quel poids je fais, combien je pèse, quelle place j’occupe ?

Prendre du plaisir à manger un bon repas, un carré de chocolat exquis ou un bon verre de vin fait partie des moments de partage et de convivialité de la vie.

Pourtant, le poids sur la balance est une préoccupation majeure dans notre société. On pensera volontiers, cette personne est mince car elle mange équilibré, elle est dynamique et volontaire. Et à l’inverse, elle est en surpoids car elle mange tout et n’importe quoi, elle n’a pas d’énergie, elle se néglige.

Le surpoids a des causes physiologiques liées à des pathologies et un suivi médical est indispensable. Mais il y a aussi des aspects psychologiques et émotionnels liés à la nourriture.

Le poids sur la balance est le baromètre de notre moral. Le chiffre diminue, je vais passer une bonne journée. Le chiffre augmente, la journée est foutue.

Le poids peut également rester stable et pourtant être facteur de stress et d’angoisse pendant des années. Il peut y avoir un décalage entre l’image dans le miroir et la réalité (dysmorphophobie). Combien de femmes se voient grosses alors que leur poids est tout à fait normal, voire très bas.

Dans notre vie, au gré des changements d’emploi ou de cadre de vie, des grossesses ou des relations, le poids peut varier. On trouve souvent un certain équilibre avec le temps avec juste un ou deux kilos à perdre avant l’épreuve du maillot de bain.

Pour certaines personnes, cela vire pourtant à l’obsession. De régimes, en restrictions et de craquages en compulsions, les journées sont rythmées par la nourriture.

Comment sortir du cercle vicieux 

D’abord se poser les bonnes questions
  • Quelle était ma place dans la famille ?
  • Ai-je manqué d’écoute ?
  • J’ai pu m’exprimer sans jugement ?
  • Quel rapport j’entretiens avec mon corps, à la sexualité ?
  • Ai-je été humiliée, maltraitée moralement ou physiquement ?
  • Me suis-je sentie abandonnée par mes parents ?
  • S’est-il produit un accident, une maladie ou un deuil que je n’ai pas accepté ?
  • Est-ce que je me sens coupable de quelque chose ?

Toutefois, chacun réagit différemment, dans une même fratrie, on ne développe pas forcément les mêmes symptômes.

Ces troubles du comportement alimentaire (anorexie, boulimie, hyperphagie etc.), sont des addictions. On emploie ce mot aujourd’hui à toute occasion, « je suis addict au chocolat », « je suis accro à la cigarette », certaines marques s’en servent même de nom pour un parfum (Dior Addict).

Regardons ensemble l’étymologie du mot « addiction »

Le terme addiction est d’étymologie latine, ad-dicere « dire à ». Le terme d’addiction exprime une absence d’indépendance et de liberté, donc bien un esclavage, une prison mentale.

En effet, combien de fois avons-nous pris la décision d’arrêter le sucre, les gâteaux, les chips, l’alcool ou le tabac à compter du lundi suivant. Et puis au bout d’une journée, d’une semaine ou d’un mois pour les plus persévérants, on craque, « c’est plus fort que moi ».

Comme si une voix nous disait d’en reprendre, une pulsion incontrôlable. La nourriture serait à la fois un calmant, un réconfort mais aussi un poison, une drogue (le sucre en particulier). Combler le vide intérieur, le manque d’affection, de soutien, d’écoute que bien souvent on ne s’accorde pas à soi-même.

Les femmes sont plus touchées par les troubles du comportement alimentaire que les hommes.

Les conséquences
  • Le manque de confiance en soi, mauvaise image de soi, dénigrement
  • La peur de grossir
  • La honte
  • La culpabilité
  • La colère contre soi (manque de volonté)
  • La tristesse, la dépression

Chaque comportement est unique. Il n’y a pas de solution universelle comme un traitement miracle.

Cependant, une prise en charge globale me semble intéressante

  • Physique

demander conseil à des spécialistes en nutrition, naturopathie, aromathérapie et se reconnecter à son corps grâce à une activité sportive progressive et adaptée à l’état de santé mais aussi la méditation, le yoga, les massages…

  • Psychologique

consulter un thérapeute qui peut vous aider à retrouver la confiance en soi et faire le tri des blessures et des schémas répétitifs dans votre vie. Je pratique l’hypnose thérapeutique et il existe bien d’autres méthodes efficaces pour un accompagnement personnalisé. Des structures existent pour la prise en charge des cas graves où la vie de la personne est en danger.

  • Emotionnelle

exprimer votre ressenti en tenant un journal de bord. Noter au moment des crises ce qui nous vient à l’esprit. Peindre, dessiner, sculpter, chanter, danser est une expression de nos émotions les plus profondes.

  • Faire la paix avec le passé

L’addiction c’est avant tout un trouble de la relation. L’inconscient associe des émotions à des situations qui se réactivent ensuite tout au long de la vie.

La nourriture représente notre famille, notre culture, nos goûts personnels et ceux de notre entourage. On peut tout à fait aimer cuisiner, faire plaisir aux autres et entretenir une relation complexe au fait de s’alimenter.

Nous avons le choix dans notre société d’abondance. Cependant, quand manger est une souffrance quotidienne, la réponse est à l’intérieur de soi. On peut apprendre à apaiser cette petite voix, lui parler et la rassurer.

Cela prend du temps et beaucoup de bienveillance envers soi. Demander de l’aide est primordial pour sortir de cette relation punition récompense. Je connais bien cette souffrance et aujourd’hui je suis heureuse d’accompagner à mon tour les autres vers la liberté.

Merci de partager en commentaire votre relation à la nourriture, si vous le souhaitez.

%d blogueurs aiment cette page :