Chercher la cause des schémas répétitifs

Nous sommes nombreux à nous interroger, à un moment de notre vie, sur les causes de notre souffrance. Car nous avons l’impression que nous vivons des schémas répétitifs dans notre vie amoureuse, amicale ou professionnelle.

Pourtant, au début rien ne laisse présager l’issue. Tout semble différent. Et à la longue, la situation se répète.

En effet, nous avons appris à l’école que toute situation a une cause, une origine, une explication rationnelle. Un esprit cartésien, logique veut analyser, comprendre, décortiquer et trouver une réponse claire et objective.

Cependant, quand il s’agit de nos sentiments, de nos émotions, nous constatons que nos comportements échappent à la logique pure. Combien de fois avons-nous décidé de stopper un comportement nocif (addiction) ou une relation et sommes retombés dans ce schéma ?

Pourtant, ce que notre raison nous dicte, notre cœur ou notre intuition nous dit le contraire. Vous connaissez l’adage. Le cœur a ses raisons…

De plus, l’autre prend parfois des décisions difficiles à accepter donnant naissance à des sentiments d’abandon, de rejet, d’injustice, d’humiliation ou de trahison.

Si c’est nous qui décidons de nous séparer, nous ressentons souvent de la culpabilité et de la peur voire une tristesse.

Or, quand nous vivons une situation douloureuse liée à une perte (séparation, deuil, licenciement, départ d’un enfant, retraite), nous avons l’impression d’être vide à l’intérieur.

Il nous manque quelque chose… ou quelqu’un.

C’est ce que j’entends régulièrement dans mes consultations :

« Je suis vidée, angoissée, sans énergie, plus aucune envie, ni plaisir, je ne sais plus qui je suis, je suis perdue ».

Et c’est bien là que commence l’introspection, la recherche de la cause, de l’origine de ce mal-être.

Se libérer des schémas répétitifs

Quel est le point commun entre tous ces schémas répétitifs ?

On peut d’abord chercher à comprendre ce que nous vivons aujourd’hui et chercher le lien, le point commun entre présent et passé

  • Pourquoi cette situation me plonge dans un tel désespoir, est-ce la première fois ?
  • Je pense que l’autre est le seul à pouvoir me rendre heureux ?
  • J’ai la sensation d’avoir fait des efforts qui ne sont pas reconnus au travail, en famille ?
  • Je pense que je n’ai aucune valeur, que je ne suis pas à la hauteur ?
  • Est-ce que je suis ou j’étais dans une dépendance affective ou je n’arrive pas à m’engager ?
  • Est-ce que je suis toujours déçu ou trahi, dénigré par les autres ?
  • Je vis de la violence dans chaque relation ou des humiliations ?

Quel impact sur moi ?

Une personne qui s’apporte estime, confiance et fierté pourra être touchée mais pourra traverser l’épreuve avec plus ou moins de douceur. Ce n’est pas facile mais on trouve le courage de faire face et on puise en soi des stratégies pour continuer à avancer.

Par exemple, je perds un être cher et malgré la tristesse, je conserve un certain équilibre personnel. Je réussis à poursuivre mes activités, mes projets et mes désirs. De plus, je suis en relation avec des personnes qui me soutiennent et m’aident à faire face.

En revanche, il peut arriver qu’un divorce, un deuil, le départ d’un enfant de la maison soit le déclencheur d’un désespoir. Tout s’écroule, l’impression que rien ne pourra me consoler.

Se libérer des schémas répétitifs

Comment faire quand on n’y arrive plus ?

C’est le point de départ d’un accompagnement thérapeutique. Lorsque un événement, une crise dans notre vie marque la fin d’un système, d’une croyance, d’un mode de fonctionnement. Le simple fait de se sentir « brisé » est le signe que quelque chose se fissure, s’ouvre en nous.

Et c’est en cela que je pense vraiment que c’est un cadeau de la vie. Mais à ce stade, impossible de le voir, ni même d’envisager un bénéfice quelconque à ce que nous vivons.

Grâce à cette traversée du désert, j’ai débuté une psychanalyse il y a 20 ans. Nul besoin de passer des années sur le divan pour aller mieux. Je suis tout à fait d’accord mais quand, dans notre histoire, les choses se répètent inlassablement et que nous avons l’impression de perdre pied, alors il est à mon sens opportun de se tourner vers un thérapeute.

Bien sûr, il faut trouver la bonne personne, en mesure de nous écouter, avec une présence à la fois neutre et respectueuse. Le courant passe ou ne passe pas. C’est assez immédiat et la confiance s’installe ou pas.

Le bout du tunnel

Ensuite commence le travail. Certaines personnes ont besoin de 2 ou 3 séances pour se sentir mieux. D’autres ont le souhait de creuser plus profond et de découvrir leur mode de fonctionnement, faire le tri entre ce qui leur appartient et ce qu’ils portent à la place de quelqu’un autre (parents, frère, sœur, conjoint etc.).

Le patient est alors invité à s’exprimer, à parler de ce qui lui pèse actuellement, de ce qu’il ressent dans son corps, les pensées, les peurs, le chagrin, la colère…

Mais cela ne suffit pas car on veut comprendre pourquoi cela nous arrive à nous ?  En résumé, d’où ça vient ?

Le patient revisite des moments de sa vie, il parle également de son enfance, de sa famille, des joies et des peines, s’il le souhaite, à son propre rythme.

La plupart des gens pensent que consulter c’est être obligé de « revivre » les moments les plus difficiles de notre vie (la perte d’un proche, la maladie, la solitude, la maltraitance etc).

Au contraire, c’est prendre de la distance avec ce qui s’est passé et qui détermine encore aujourd’hui nos réactions, nos mécanismes de défense.

Se libérer des schémas répétitifs

Ce que l’autre vit n’est pas ce que je vis

Chaque accompagnement est unique. On retrouve des points communs entre les différents parcours de vie.

Mais ce qui compte n’est pas seulement d’identifier les faits à l’origine de notre problématique mais surtout les conséquences, les effets sur notre être profond.

Un même événement peut provoquer des effets positifs sur un individu (bénéfice secondaire) ou au contraire des effets destructeurs. Je cite souvent l’exemple du psychiatre Boris Cyrulnik qui a échappé aux nazis quand il était enfant, dont la famille a été assassinée dans une église. Il est devenu neuropsychiatre et a médiatisé le concept de résilience en France.

Car je peux vraiment témoigner de la possibilité de trouver un sens à notre vie dans toute circonstance. C’est bien ce que j’ai vécu et j’ai décidé d’en faire mon métier, d’abord grâce à l’enseignement et maintenant grâce au cabinet où j’accompagne chaque être vers sa vérité.

D’autres développent leur singularité à travers un blog, la photo, le sport, la peinture, l’écriture, la musique pour transcender la douleur et en faire quelque chose de beau.

Au-delà d’un métier c’est un engagement total puisque je continue à expérimenter, progresser dans ma pratique mais également me former pour transmettre et partager. Je propose une approche globale avec divers outils dont l’hypnose qui permet de découvrir nos schémas inconscients.

On me demande souvent comment je fais pour accueillir cette souffrance et je voudrais citer cette phrase pour conclure :

Se libérer des schémas répétitifs

« La blessure est l’endroit par lequel la lumière entre en vous »

Rûmî (poète persan)
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